Rébellion de 1838 : Projet de République

Camp Baker, Sainte-Martine.
https://www.1837.qc.ca/1837.pl?out=article&pno=5424&cherche=Journ

De Lorimier, Prieur et les Patriotes arrivent à 18h00 au Camp Baker. Tout le monde s’entend à élire James Perrigo comme Chef de camp. De ce moment au 9 novembre, l’on se prépare à la venue de l’ennemi. Le 9 novembre au matin vers 09h00, les éclaireurs avisent le Camp que l’ennemi s’avance. Perrigo donne ses ordres et s’absente du camp pour s’assurer que « les derrières » ne soient pas menaçantes. Les hommes s’entendent et demandent à M. Neveu de prendre le commandement. « En avant… » dit-il, et 500 hommes de s’avancer en criant et tirant une première salve. Étant encore trop éloignés, les balles n’atteignent personne.

Les Loyalistes en font autant, mais tirent également au-dessus des Patriotes, ces derniers ayant eu le temps de recharger s’avancent en criant, vociférant de plus belle, puis, ils tirent une seconde volée regroupée laissant paraître à leurs ennemis qu’ils sont supérieurs en nombre. Plusieurs répétitions de tir groupés se font de part et d’autre, mais personne n’est touché. Les Patriotes arrivent assez prêts pour l’obtention de tirs létaux. 

« … Enfin, nous allions toucher l’ennemi, lorsqu’une dernière décharge, accompagnée d’un redoublement de cris, acheva de le démoraliser et nous le vîmes prendre la fuite, emportant deux morts et plusieurs blessés, d’après ce que nous remarquâmes nous-mêmes et les informations que nous reçûmes plus tard des gens du voisinage. Nos gens se mettaient déjà à la poursuite sur le chemin, lorsque le Dr Perrigo, qui nous avait rejoints au bruit de la première volée, s’avança jusqu’aux premiers rangs donnant partout l’ordre de s’arrêter … » 10 

De Lorimier ne se gêne pas pour adresser de durs reproches à Perrigo concernant l’arrêt offensif sur l’ennemi en déroute. Les Patriotes regagnent leurs quartiers de résidence au Camp, les granges et maisons de MM. Baker, Vallée et autres cultivateurs. La victoire du Camp Baker dans la journée du 9 novembre fut la seule défaite significative infligée aux Loyaux par les Patriotes de 1838.