Le projet d’un canal : l’une des sources de la rébellion dans notre région ?
En 1835, dans la région de Beauharnois, il faut prendre en compte le début des arpentages des terrains riverains. Ils sont effectués par des arpenteurs payés par les coffres du seigneur Edward Ellice. Les habitants, devenus méfiants, redoutent l’expropriation résultant du passage d’un éventuel canal sur leurs terres. Comme les censitaires ne sont pas propriétaires de leurs terres, ils se questionnent sur leur gagne-pain et leur avenir. La peur d’une expropriation s’installe parmi eux.
Aux dires de l’historien Roland Viau, « … Il est logique de présumer, d’avancer que cette peur a pu jouer un rôle majeur dans le soulèvement de 1838, d’autant plus qu’à l’automne 1837, ce fut une année de très mauvaises récoltes, dans le Bas-Canada, dans la vallée du Saint-Laurent … ».35
Tout compte fait, pour les résidents du territoire, les causes économiques et sociales dans la région de Beauharnois étaient possiblement aussi importantes, sinon plus, que les causes politiques avancées et supportées dans les grandes villes, comme celle de Montréal.