Organisation paramilitaire des Patriotes de 1838
Le regroupement des Frères-chasseurs et celui des habitants du Haut-Canada (« Hunter’s Lodges ») s’entendent pour développer une similarité, quant à l’organisation de leur fonctionnement.
La structure de commandement des Frères-chasseurs est composée d’environ trente-cinq (35) loges et l’historien Roland Viau est d’avis que cette organisation pouvait receler jusqu’à 40 000 membres.

L’Association des Frères-chasseurs a pour but, « …. d’unir les combattants pour l’indépendance du Canada. Elle est créée par des Patriotes exilés aux États-Unis. Les Frères-chasseurs envisagent de renverser le gouvernement et d’instaurer une république au Bas-Canada… ».4
« …Le chef suprême des Frères-chasseurs, le Grand Commandeur, est Robert Nelson, nommé également président de la république du Bas-Canada. Le Grand Aigle du Nord est Edouard-Élisée Maillot, étudiant en droit, et le rôle du Grand Aigle du Sud est tenu par Charles G. Bryant, habitant de Bangor (dans l’État du Maine). Les Grands Aigles sont secondés par des Aigles qui commandent chacun, une « brigade » ou une « division » de cent hommes. Ces brigades se divisent en deux sous-divisions de cinquante hommes qui sont placées sous le commandement des Castors. Le Castor a cinq Raquettes, chaque Raquette a sous ses ordres neuf Chasseurs. L’unité de base des Frères-chasseurs est la Loge, qui est composée de plusieurs membres assermentés … »5
Tableau-01 Structure de commandement
| Titres | « Équivalence militaire » | Personnages |
| Grand Commandeur | Chef commandant suprême | Robert Nelson, médecin (1793-1873) |
| Grand Aigle du Nord | Chef des loges (Bas-Canada) | Édouard-Élisée Maillot (1812-1875), étudiant en droit |
| Grand Aigle du Sud | Chef des loges (Haut-Canada) | Charles Grandison Bryant (Bangor, Maine, États-Unis), architecte |
| Aigle | Commandant | Marie-Thomas dit Chevalier, de Lorimier |
| Castor | Capitaine | François-Xavier Prieur |
| Raquette | Raquette | non spécifié |
| Chasseur | Soldat | non spécifié |
Avant de pouvoir intégrer une Loge, l’initié prête serment. Les nouveaux membres sont introduits de nuit, par groupe de quatre. C’est une femme qui fait prêter le serment d’initiation. Ce n’est pas nécessairement une pratique utilisée dans toutes les Loges, mais il semble que ce le soit à tout le moins dans celles de Châteauguay et de Beauharnois.

La source identifiant la présence d’une femme au serment d’initiation se retrouve dans le document « Précis d’histoire de Beauharnois et de Châteauguay », écrit en 1908 par l’abbé Camille-Amable Santoire, (1847-1917), déposé aux archives de l’évêché de Valleyfield.6
Ce prêtre est curé de la paroisse Saint-Joseph, Huntingdon (1890-1892); curé de la cathédrale de Valleyfield (1892-1895); curé de Saint-Louis-de-Gonzague (1901-1911) et vicaire général du diocèse de Valleyfield. Il a su interviewer des mémoires vivantes pouvant lui raconter fidèlement des événements de la Rébellion de 1838. De plus, ses ouvrages ont servi comme sources de première main au révérend Augustin Leduc dans ses écritures pour l’édition de la monographie « Beauharnois, Paroisse Saint-Clément 1819-1919, Histoire religieuse, Histoire civile, Fêtes du Centenaire » parue en 1920. Camille-Amable Santoire a fort bien documenté à l’époque le territoire campivallensien et quelques-unes de ses paroisses environnantes. Ses descriptifs simples et directs sont fort précieux, quasi uniques.