Rébellion de 1838 : Projet de République

Patriotes aux commandes dans la seigneurie de Beauharnois

Dans la région, nous retrouvons des loges à Beauharnois et à Châteauguay. 

L’Aigle

Dans le district de Beauharnois, ce commandement relève de François-Marie-Thomas Verneuil, Chevalier de Lorimier, notaire de Montréal, né à Saint-Cuthbert, le 27 décembre 1803. 

Il est condamné et pendu à la prison « Au Pied-du-Courant », à Montréal, le 5 février 1839.

Le Castor

François-Xavier Prieur naît à Saint-Joseph-de-Soulanges (Les Cèdres), le 8 mai 1814, du mariage d’Antoine Prieur, cultivateur, et d’Archange Véronault dite Denis, de Soulanges.

Sa famille déménage à Saint-Polycarpe, moins de 4 ans après sa naissance.

À l’âge de 19 ans, il installe en 1835 son propre magasin général à Saint-Timothée. 

Après que Charles Rapin ait refusé le poste de Castor, il l’offre à Prieur. Ce dernier prend le commandement des opérations de 600 Patriotes à Beauharnois (également dit Beauharnais …) au début de novembre 1838. Il faut noter que De Lorimier est également présent. Prieur envoie Rapin avec 150 hommes pour arraisonner le bateau à vapeur Henry Brougham dès son prochain accostage.

Lors de l’invasion du manoir Ellice, Prieur fait prisonniers : Edward Ellice jr., ses hôtes, ainsi que des Loyaux qu’il expédie en garde à vue à Châteauguay. Cependant, il prend grand soin de Katherine Jane Ellice Balfour, et de sa sœur Eglantine Katherine Balfour, en les sécurisant sous escorte au presbytère de Beauharnois.

     

« … Désirant rendre cette mesure (de détention) aussi tolérable que possible aux personnes auxquelles on s’appliquait, je me rendis auprès de madame Ellice, qui avait avec elle une autre dame qu’on m’a dit être sa sœur, pour l’assurer que son mari et ses compagnons de captivité ne courraient aucun danger, et pour lui offrir toutes les consolations en notre pouvoir. Ces dames, ayant exprimé le désir de se réfugier au presbytère de Beauharnais, six des cultivateurs les plus respectables furent chargés de les y accompagner, en même temps que nous placions une garde régulière au manoir pour mettre les propriétés à l’abri de toute atteinte. Un courrier fut accordé à madame Ellice pour qu’elle pût communiquer avec son mari, et tous les jours nos prisonniers échangeaient des nouvelles avec les dames de leurs familles laissées à Beauharnais : en un mot, tout fut fait de ce qui pouvait témoigner à ces familles le respect et la sympathie dont elles étaient l’objet … ».8

Quelques jours plus tard, le 7 novembre à compter de 14h00, Prieur et Chevalier de Lorimier partent avec une compagnie de 200 hommes pour aller prêter main-forte à James Perrigo, vétéran de la milice de 1812 et médecin. Ils joignent les quelque 300 hommes de Perrigo, attroupés au Camp Baker, sur la ferme de George Washington Baker, située à proximité du village de Sainte-Martine. Ils s’attendent à pouvoir repousser l’ennemi loyaliste qui s’en approche incessamment dans le dessein de raser ce lieu stratégique à la fourche des quatre chemins.

« … Le 7, sur les deux heures de l’après-midi, il nous vînt un courrier du camp des patriotes, dit de Baker, du nom de l’endroit occupé par ce camp sur les bords de la rivière Châteauguay à
trois lieues de Beauharnais. Le camp de Baker comptait environ trois cents hommes et le courrier venait nous demander du secours, en nous informant qu’un parti de huit cents hommes, composé de troupes régulières et de volontaires, sous le commandement de M. le major Campbell (pas celui de Rouville), marchait sur eux. Nous passâmes alors et de suite la revue de nos gens, et, prenant avec nous deux cents hommes, Chevalier de Lorimier et moi nous nous mîmes en marche pour le camp de Baker, en toute hâte. 

Le reste de nos troupes, alors réunies à Beauharnais, devait, d’après l’arrangement pris, y demeurer sous le commandement de MM. Wattier et Roy, jusqu’à nouvel ordre… ». 9