Rébellion de 1838 : Projet de République

I

Rébellion de 1838 : Projet de République

Bien avant les regroupements syndicaux d’aujourd’hui et bien avant les rassemblements populaires et comités de citoyens, la connaissance des faits retracés au cours de la première moitié du 19e siècle nous offre des leçons de vie en nous enseignant le don de soi et le souci de l’autre.

À cette époque, une concertation pour se regrouper relevait beaucoup plus d’une question de survie et de l’amélioration du sort du groupe d’appartenance que de son propre confort. 

Le drapeau des Patriotes est adopté en 1832. Il affiche trois (3) bandes de couleurs superposées : le vert représente les Irlandais; le blanc, les Canadiens-français; le rouge, les Canadiens-anglais, tous unis dans une avancée patriotique contre la Grande-Bretagne. Le 30 janvier 2019 à Salaberry-de-Valleyfield, devant un auditoire de la Société d’histoire et de généalogie de Salaberry2, M. Roland Viau, historien et anthropologue, nous réfère justement à ce début de XIXe en les termes suivants : 

« Les masses populaires étaient bien capables malgré tout, de faire preuve d’altruisme, de compassion et d’empathie, et de se soucier de l’autre, de se regrouper, de se mobiliser et de nouer des actions politiques et sociales concertées afin de tenter d’améliorer collectivement leurs conditions d’existence matérielles, leurs modes d’être. L’une des formes d’organisation sociale qu’ils privilégiaient pour ce faire, était la mise sur pied, loin des regards, d’une société secrète. »

Le tricolore du Drapeau des Patriotes.
(source : cartiergeneral.com).1

Ainsi donc avant 1850, nous découvrons dans le comté de Beauharnois, l’existence de deux de ces confréries utilisant des rituels distincts. La première, au moment de la Rébellion de 1838, impliquant l’Association des Frères-chasseurs et une seconde, lors du creusage de l’ancien canal Beauharnois (1842-1845), impliquant la Fraternité irlandaise des Molly Maguires

Nous sommes en 1837 et les Patriotes en cette année tentent d’acheter des armes du côté des États-Unis. Le manque de financement contrecarre les plans initiaux. De plus, les déficiences organisationnelles, l’absence d’une discipline ou d’un encadrement et le peu de leadership avancé, font en sorte que malgré toute la bonne volonté sur le terrain, les visées des Patriotes ne se concrétisent pas en avancées historiques. L’Armée Patriote est mise en déroute.

Bref, à l’exception de la victoire à Saint-Denis, le 23 novembre 1837, la Rébellion de 1837 se résumerait en une défaite politique, par manquements de ressources et de savoir-faire.